Chapitre 1
La gestion concertée des niveaux d’eau :
un préalable indispensable chaume2blog.jpg
Référence au décret
Art. 13. – 1° Les travaux publics ou privés modifiant l’état ou l’aspect de la réserve sont interdits sous réservede l’application de l’article L. 242-9 du code rural.

2° Les travaux publics ou privés nécessités par l’entretien de la réserve sont autorisés par le préfet après avis du comité consultatif, en conformité avec le plan de gestion de la réserve.
Il s’agit en particulier des travaux permettant de garantir un équilibre hydraulique favorable à la préservation
des milieux naturels et à l’exercice des activités autorisées par le présent décret, en particulier :
- l’aménagement et la réhabilitation des vasières, roselières et prairies ;
- les travaux d’aménagement permettant d’assurer les échanges hydrauliques entre les différentes zones de laréserve naturelle, ainsi que les travaux d’aménagement conciliables avec les objectifs généraux de la réserve qui pourraient améliorer les conditions de sédimentation et d’exploitation du chenal de Rouen ; – l’entretien des fossés, canaux, vannes, buses d’écoulement des eaux ;
- les travaux nécessités par l’entretien, la réfection ou l’aménagement des digues, ainsi que les dépôts ouemprises temporaires liés à ces travaux. Un cahier des charges hydraulique fixe les objectifs et les modalités d’application de l’entretien hydraulique. Il est arrêté par le préfet après avis du comité consultatif et conformément au plan de gestion de la réserve
naturelle. Il est révisable.
Sont également autorisés par le préfet tous autres travaux d’entretien courant nécessités par la mise en oeuvre duplan de gestion de la réserve ou qui s’avèrent nécessaires à la gestion écologique des terrains. Position du gestionnaire Les niveaux d’eau proposés par le gestionnaire conduisent à accroître les inondations du maraisau printemps sans que l’on puisse mesurer les impacts sur les zones de prairies concernées (pas de simulations par rapport aux niveaux topographiques et par rapport à la dynamique de circulation de l’eau).
Position de la profession agricole
La profession agricole souhaite conserver le caractère humide des prairies. Des niveaux d’eauélevés sont acceptables pour les agriculteurs jusqu’au retour migratoire (20-25 mars). Au-delà, l’activité agricole nécessite des niveaux stables et sans inondation pour permettre le développement de la végétation et de vie microbienne aérobie.
Le développement d’un couvert herbacé suffisant au printemps est par ailleurs indispensable aunichage des couples de râles des genêts et ne peut être garanti si les prairies sont noyées (cf. annexe 3:bibliographie sur le râle des genets).

D’ailleurs, après un printemps suffisamment sec en 2007, 15 à 16 couples ont été observés.
Les conditions nécessaires à l’activité agricole
:
- possibilité d’une montée progressive des eaux en automne et d’inondation en hiver, mais
gestion des seuils pour permettre la pousse de l’herbe à partir de du retour migratoire (fin mars) et dessols suffisamment portants pour la mise au pâturage des animaux : soit un niveau maximum des eaux à 7.70 m pour la période d’avril à juillet (des inondations ponctuelles restent possibles si elles durent moins de 12 h)
(Cf. photos : situation de prairies de la RN au 15 mai 2007 avec un seuil de niveau d’eau de 7.95 m au lieu de7,70 m prévu par le plan de gestion)

Domaines Plan de gestion actuel Propositions de la Maison de l’Estuaire
Propositions du GEPAES et de la
Chambre d’agriculture *
Niveaud’eau (en mètre par rapport au 0 des cartes marines duHavre) Secteur 4 (Prairies sub-halophiles au Nord de la route de l’estuaire)
- 1er novembre au 14 mars : 7,80 à 8,20 m

- du 15 mars au 30 avril : 7,70 m – du 1er mai au 14 juillet : < 7,70 m
- du 15 au 31 juillet: 7,70 m
- du 1er août au 30 octobre: 7,70m ou plus temporairement

Secteur 5 (prairies du Hode) – 1er novembre au 30 mars : > 8,20 m

- 1er avril au 31 mai : 7,80 m fossé en eau
- du 1er juin au 30 septembre : ≥ 7,70 m

Secteur 4 (Prairies sub-halophiles au Nord de la route de l’estuaire)
- Janvier-mars: > 8,10 m
- avril-juin: > 8,10 m puis baisse progressive jusqu’à 7,80 m

- juillet-août: fossés en eau

- septembre-octobre: > ou = 7,80 m
- novembre-décembre: montée progressive jusqu’à 8,10 m

Secteur 5 (prairies du Hode) – Janvier-mars: > 8,20 m
- avril-juin: > 8,20 m puis baisse très progressive jusqu’à 7,80 m

- juillet-août: fossés en eau

- septembre-octobre: > ou = 7,80 m

- novembre-décembre: montée progressive jusqu’à 8,20 m

Secteur 4 (Prairies sub-halophiles au Nord de la route de l’estuaire)
- 1er novembre au 20 mars : 7,80 m
- du 21 mars au 31 juillet : 7,60 m
- du 1er août au 30 octobre: 7,60 m ou plus temporairement

Secteur 5 (prairies du Hode)

*- 1er novembre au 30 mars : 8.10 m
- 1er avril au 30 septembre: 7,70 m fossé en eau *

Les niveaux d’eau proposés tiennent compte du reflux occasionné par les vannes à seuil qui font augmenter d’environ 10 cm le niveau de l’eau par rapport au seuil fixé.
Cette gestion doit se faire avec :
- des vannes à seuils sur le marais du Hode et non des vannes à clapets ou des vannes à
guillotines qui limitent le reflux naturel des eaux. Les vannes à seuils ont plusieurs avantages : elles ne nécessitent aucune intervention humaine, garantissent un niveau d’eau minimum et permettent une libre circulation de l’eau, notamment pendant les marées. – l’entretien et l’aménagement d’un réseau hydraulique suffisant. Le réseau hydraulique sur le marais du Hode doit être augmenté pour mettre une meilleure circulation de l’eau et une gestion plus efficace des niveaux d’eau. Le reste du réseau doit être régulièrement entretenu (les fossés et les creux doivent être curés tous les 4 ans), sur une berge et le fond. L’autre berge servant de réservoir à la biodiversité et au
réensemencement des espèces. 4 ans plus tard, le curage sera fait sur la berge opposée et le fond
Un calendrier sur les dates de curage devra être établi à l’avance.
Les produits de curage seront étalés une fois secs, à une date fixée en concertation avec le
gestionnaire et l’agriculteur pour tenir compte de l’itinéraire technique de la parcelle agricole.
P ropositions complémentaires : (cf. annexes 5 et 6 : propositions de l’association Estuaire Seine 2000)
- Aménagement d’un siphon sous le canal de Tancarville pour récupérer une partie de l’eau des sources du marais de Cressenval et alimenter le marais du Hode. Un tel ouvrage existait auparavant, mais il a été détruit lors de l’élargissement du Canal de Tancarville. Ce système aurait deux avantages : une alimentation en eau toute l’année et un apport d’eau douce bénéfique pour les nurseries de poissons. Un consensus sur les niveaux d’eau applicables est impératif car ils conditionnent l’ensemble des autres éléments du cahier des charges de gestion des prairies.
Il est prévu une rencontre annuelle à l’automne pour faire le point de la gestion hydraulique de l’année. Il serait souhaitable de prévoir également un temps d’échange au printemps pour s’adapter aux conditions climatiques du moment.

a demain pour la suite …